30/01/2019 | Caspar Schjelbred

Dialoguer avec soi-même est un bon exercice pour se clarifier les choses. Peut-être c’est même la condition nécessaire pour entrer dans un dialogue fructueux avec les autres ? Quoi qu’il en soit, je me suis entretenu avec moi-même sur le sens de mon activité, ce que je fais et ce que je propose aux autres de faire…

Bonjour Caspar.
– Bonjour.

Allons-y directement. IMPRO SUPREME, qu’est-ce que c’est ?
– Comme le nom l’indique humblement, c’est de l’improvisation ou du théâtre qui se distingue de l’ordinaire.

Comment ça ?
– Eh bien, il y a plus de corps et de créativité dedans. Donc c’est plus intéressant et stimulant à regarder. Et à faire aussi. Surtout à faire ! C’est ce que je propose particulièrement : des ateliers et des stages pour s’entraîner à faire quelque chose d’extraordinaire. Que ce soit sur scène ou dans la vie, d’ailleurs.

Pourquoi ?
– J’ai envie de dire que c’est pour le bien de l’humanité. C’est pour le bien de l’humanité. Pas à l’échelle planétaire, bien sûr, mais localement. Très localement.

Sérieux ?
– Oui. Je travaille à l’échelle de l’individu qui pourrait ensuite influencer au moins les personnes à proximité. Celles qui se trouvent dans la même pièce. Ou qui le voit passer dans la rue. Ou, oui, sur une scène de théâtre. Le corps, l’attitude et les actes de quelqu’un en disent loin sur leur humanité ! Plus que leurs belles paroles.

D’accord, ça se défend.
– Oui, c’est plutôt évident, non ?

Si. Mais il n’y a pas un risque que ça devient trop “sérieux” ?
– Pas du tout. Sauf si on a perdu l’humour définitivement, mais c’est rare. Selon moi, l’humour est partie constituante de notre humanité.

Encore ça devient très théorique et conceptuel. Qu’en est-il de la réalité de la chose ? Derrière vos propres belles paroles ? Au niveau pratique ?
– Merci d’insister. Bien vu. Je pars rapidement dans des envolées théoriques. Concrètement ce que je propose c’est une forme de théâtre où ce qu’on voit réellement c’est ça qui compte le plus : corps, mouvements, gestes, attitudes… Si cette réalité corporelle n’est pas prise en compte, si on n’en est pas conscient, et ce il faut le prouver de manière visible, eh bien ce n’est pas la peine de le masquer et essayer de sauver sa peau en inventant des histoires. On en voit assez de ça partout. C’est non seulement mensonger, mais le début de la fin de l’humanité.

Mmm hmm. C’est presque politique ça. En tout cas, c’est encore un point théorique.
– Soit. C’est ennuyeux et déprimant. Je ne veux pas y contribuer.

Bonne chance.
– Oui, je vois ce que vous voulez dire. Est-ce possible de ne pas y contribuer du tout ? Je ne crois pas. Mais on peut y contribuer moins qu’avant. Ou rester à son niveau relatif et ne pas y contribuer plus. Ne pas se laisser tenter par le je-m’en-foutisme et la pensée défaitiste “de toute façon”. C’est déjà ça. Être conscient de qu’on fait. Être conscient des autres et de l’espace dans lequel nous nous trouvons.

En fait, votre projet c’est moral ?
– Tout à fait. Moral. Pas moralisant. J’essaie de me situer à l’échelle que je peux comprendre. Et qui est accessible à tout le monde. Là par où tout commence : des corps dans l’espace. Des corps vivants ! Ne l’oublions pas. Ça me dégoûte profondément de voir un être humain se comporter comme s’il n’avait pas de vie intérieure, comme s’il était une espèce d’automate, une machine douée d’intelligence artificielle, un amas d’algorithmes.

Et le théâtre dans tout ça ?
– Eh bien oui le théâtre ! Je n’ai quand même pas besoin de vous citer Shakespeare ? Concrètement parlant, pour moi le théâtre c’est l’occasion de pendant un temps limité, et dans un espace limité, montrer l’idéal où tout est pris en compte : chaque corps, chaque objet, chaque personne. Tout. Rien n’est superflu. En quelque sorte, c’est très écologique…

Oui, bon, restons au théâtre. Enfin.
– Oui, alors quand je dis concrètement c’est aussi techniquement. Il y a des techniques à apprendre, à pratiquer, à perfectionner. Non pas pour devenir un technicien, mais un artisan et un artiste en même temps. Voilà. Je commence à me fatiguer.

No comments.
– Merci. Je vais reprendre quelques éléments descriptifs que j’ai mis sur mon site web. Ce que je propose est articulé autour de trois axes majeurs : la composition spontanée de l’art de l’improvisation ; la poésie et la précision de l’art du mime ; la liberté et l’humour de l’art du clown.

Ça c’était presque compréhensible. Merci pour ces belles paroles.
– Ah ! Je vous en prie. Venez participer à un stage un jour.

Avec plaisir. Je n’y manquerai pas.
– C’est ce qu’on dit… Ciao !

Bye.

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